"L'économie sociale et solidaire"... comment la définir ? Serait-ce un terme nouveau qui "surfe" sur la mode du développement durable ? "Absolument pas !, répond Serge Jacquet, président de la Mutuelle de France-Sud. C'est un mode de gestion mis en pratique par les Mutuelles depuis leur création." Sociétés de personnes à but non lucratif, elles n'ont qu'une vocation : le service aux adhérents. Naturellement, les bénéfices leur sont reversés. C'est là où commence la solidarité...
Serge Jacquet : Le terme regroupe un ensemble de coopératives, de mutuelles, d'associations et de fondations qui fonctionnent sur 3 principes :
1/ l'égalité des personnes : un homme, une voix ;
2/ une solidarité entre les membres : chacun d'entre eux a des droits et des devoirs ;
3/ une indépendance économique : une gestion solidaire qui refuse d'adopter le mode capitaliste.
Serge Jacquet : La Mutuelle de France-Sud est gérée par un Conseil d'Administration et une Assemblée Générale. Leurs représentants sont élus sur le principe mutualiste (une personne ; une voix) par les délégués. Ces derniers sont élus par les adhérents.
Par ailleurs, notre Mutuelle est une société à but non lucratif. Sa politique n'est pas orientée comme une société capitaliste vers l'optimisation des résultats au profit des actionnaires. Les revenus de notre Mutuelle sont réinvestis sous forme de prestations au profit de ses adhérents. Nous sommes une société de personnes (et non de capitaux).
Serge Jacquet : Dans une entreprise solidaire, une partie des bénéfices est utilisée pour financer le fonctionnement, l'autre est réinvestie dans la création de services. Concernant la Mutuelle de France-Sud, le taux de retour prestations sur cotisations est estimé à 80 % ; soit près de 80 % des cotisations collectées auprès des adhérents leur sont reversées en prestations. Cette politique nous permet de maintenir des tarifs qui ne sont pas indexés sur nos résultats financiers. Dans notre cas, lorsqu'il y a augmentation des cotisations, elle découle d'une répercussion de conséquences extérieures que nous ne pouvons prendre à notre charge comme, par exemple, l'augmentation des forfaits hospitaliers de 1 euro depuis 2005, les taxes supplémentaires imposées par l'Etat, la taxe CMU, la prise en charge du vaccin contre la grippe H1N1...
Serge Jacquet : L'idée de solidarité est dans la conception même de l'entreprise. Reprenons l'exemple d'un adhérent mutualiste : il n'aura pas besoin de dossier médical à l'adhésion et bénéficiera de remboursements et de prestations en fonction du choix de sa garantie. Sa cotisation ne sera jamais indexée, comme dans le cas des assurances privées, sur son taux d'utilisation des prestations. La solidarité est de prendre en charge un adhérent dans ses moments difficiles et surtout pas de les lui rendre encore plus compliqués par une augmentation de sa cotisation.
Serge Jacquet : 2010 est un cri pour nous ! Aujourd'hui, il est inacceptable de voir des personnes renonçant à se soigner faute d'argent. Plus de 8 % des assurés sociaux n'ont pas de complémentaire santé parce qu'ils n'ont pas les moyens d'en payer la cotisation. Ce phénomène est aggravé par la réforme de la Sécurité Sociale qui va à l'inverse de davantage de solidarité. Tout cela suffit !
L'accès à des soins médicaux est un droit pour tous. Il faut aujourd'hui créer et mettre en place les conditions pour que chacun en bénéficie. Notre volonté en 2010 est de faire prendre conscience à tous que la grande bataille est là. C'est pourquoi nous avons initié une pétition en faveur d'une réforme de la Sécurité Sociale plus moderne et plus solidaire...
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