Les médecines non conventionnelles font aujourd'hui l'œuvre de réglementations européennes, somme toutes normales, en raison de la multiplication de l'offre de soins. En France, quatre pratiques sont aujourd'hui légalisées : homéopathie, chiropratique, ostéopathie et acupuncture.
Quelques piqûres (en douceur !) de rappel sur ces méthodes et leurs éventuels remboursements.. car pour guérir mieux vaut d'abord être bien informé !
Face au recours croissant de la population européenne aux médecines dites alternatives et aux législations nationales différentes, le Parlement européen a fini par se prononcer en faveur du pluralisme thérapeutique. Le jeudi 29 mai 1997, il a adopté une Résolution pour un statut des médecines non conventionnelles.
Elle demande la mise en place d'un processus de reconnaissance des médecines non conventionnelles. Huit disciplines en bénéficient dans un certain nombre de pays: chiropratique, homéopathie, médecine anthroposophique, médecine chinoise (incluant l'acupuncture), naturopathie, phytothérapie, ostéopathie, shiatsu.
La France, de son côté, a légalisé en 2002 l'exercice de la chiropratique et l'ostéopathie. Par ailleurs, l'homéopathie et l'acupuncture sont considérées comme des orientations médicales et peuvent être pratiquées légalement par les docteurs en médecine.
Cette législation française diffère de celle adoptée par l'Europe et peut parfois aller à l'encontre de la déclaration sur la promotion des droits des patients en Europe, adoptée en 1994 et qui prône la libre circulation des praticiens au sein de l'Europe et le libre choix du patient à recourir au praticien de son choix, médecin ou non.
Par ailleurs, Les ostéopathes et chiropracteurs ne peuvent, depuis le décret du 25-3-07, utiliser leur titre professionnel et exercer leur profession qu'à la condition d'être inscrits sur une liste dressée par le représentant de l'Etat dans le département de leur résidence professionnelle.
Ces deux professions sont soumises à l'obligation de formation continue.
Elle consiste à pratiquer des manipulations aux régions cervicale, dorsale et lombaire et sur d'autres parties du corps afin d'ajuster les vertèbres, dégager les blocages et rétablir l'équilibre physiologique. La chiropratique est surtout utilisée pour remédier à des déficiences et des blocages liés au système neuromusculosquelettique (os, muscles, système nerveux). Elle contribuerait également à soulager certains autres maux.
Le chiropraticien ne prescrit ni médication ni chirurgie. Il compte principalement sur des manipulations pour "ajuster" la colonne vertébrale. La correction des mauvais alignements, que les praticiens appellent subluxations, dégagerait les nerfs et la moelle épinière, permettant ainsi de redonner au corps sa capacité d'autoguérison naturelle.
Cette pratique peut s'adresser à toute personne souffrant de problème articulaires et en particulier de problèmes de dos. A la suite d'une séance, le patient peut montrer des réactions neurovégétatives comme, par exemple, une modification du transit intestinal, une sensation d'amélioration respiratoire, une réduction des douleurs menstruelles, une amélioration des coliques infantiles....
La consultation d'un chiropraticien a essentiellement pour but de :
- Réduire les douleurs lombaires.
- Soigner les maux de tête (céphalées).
- Soulager la douleur au cou (cervicalgie).
- Traiter les hernies discales et autres dysfonctions lombaires.
En savoir plus :
Dossier de présentation sur la chiropratique
L'Association Française de chiropratique
Créée vers 1874 par le médecin américain Andrew Taylor Still (1828-1917), l'ostéopathie est également une "médecine manuelle". Elle vise essentiellement à conserver ou restaurer la mobilité des différentes structures de l'organisme. En effet, l'ostéopathie part du principe que les maux physiques comme les traumatismes psychologiques ont des résonances sur le corps. Ainsi, les mauvaises postures, les chocs physiques, les accidents, les émotions, les pensées négatives ne perturbent pas un seul système (musculosquelettique, digestif, neurologique, vasculaire, hormonal, etc.), mais l'organisme dans sa globalité. Pour soigner un individu, il s'agirait de rétablir l'équilibre dans le système musculosquelettique et par conséquent au sein de chacun des autres systèmes.
Les principes fondamentaux de l'ostéopathie sont :
- La structure gouverne la fonction, c'est-à-dire que les diverses fonctions corporelles sont en étroite interdépendance avec la structure du système musculosquelettique.
- Le corps possède une unité fonctionnelle ; dit autrement : rien ne peut se passer dans une partie sans que les autres en soient influencées. Ce qui explique que les manipulations se font parfois sur des zones éloignées du centre de la douleur - sur le diaphragme pour traiter le dos, par exemple.
- Les troisième et quatrième principes concernent davantage l'aspect préventif de l'ostéopathie : le rôle des artères est absolu - dans un corps bien irrigué, il n'y aurait pas de congestion ni de dégénérescence cellulaire - et il y a autorégulation - le corps posséderait ou pourrait générer les substances et processus requis pour se soigner.
Les techniques ostéopathiques auraient ainsi une action bénéfique sur les symptômes d'affections touchant les domaines suivants :
- le système locomoteur : certains rhumatismes, lumbagos, entorses, torticolis,...
- le système viscéral : certaines constipations, diarrhées, ballonnements, syndrome du côlon irritable,...
- le système crânien : certaines céphalées, otites chroniques, vertiges, bourdonnements, nez bouchés, sinusites chroniques, coliques du nourrisson, enfants difficiles qui pleurent souvent, insomnie, dyslexie et problèmes liés à l'apprentissage, mémoire, concentration, névralgie faciale,...
En savoir plus :
Registre des ostéopathes de France
Union Fédérale des Ostéopathes de France (UFOF)
Lire le dossier réalisé par Passeportsanté
Rechercher un ostéopathe formé en ostéopathie périnatale et pédiatrique
Rechercher un médecin ostéopathe
Définie pour la première fois par Samuel Hahnemann au XVIIIe siècle, l'homéopathie consiste à administrer au malade des doses faibles ou infinitésimales d'un médicament conçu selon le principe de similitude. En effet, l'homéopathie repose sur trois principes fondamentaux : la similitude, l'infinitésimal et la globalité.
- La similitude : un produit toxique provoque des lésions. Ce même produit, préparé selon les techniques homéopathiques, est capable de traiter un malade qui présente des lésions du même type. Par exemple : une piqûre d'abeille provoque une lésion œdémateuse, une rougeur, et des douleurs brûlantes soulagées par le froid. En homéopathie, Apis, préparé à partir de l'abeille entière soulagera les œdèmes rosés, chauds, soulagés par les applications froides, quelle que soit leur origine : infectieuse, rhumatismale, ainsi que ceux qui suivent des piqûres d'insecte.
- L'infinitésimal : une substance prescrite à dose forte selon la loi de similitude peut éventuellement aggraver le cas. C'est pourquoi Hahnemann fut amené, progressivement, à réduire la quantité de médicament qu'il donnait. Il s'aperçut que des doses "infinitésimales" étaient suffisantes et même mieux, elles étaient plus actives que les doses pondérables.
D'où la méthode de dilution qui procède de la manière suivante.
- On part de la substance de base, le plus souvent une teinture-mère (mélange d'eau, d'alcool et de plantes ou de parties animales ) sur laquelle on opère des dilutions successives, au 1/100e les unes des autres pour les "Centésimales Hahnemanniennes", désignées par "CH".
- Une goutte de la substance de base mélangée à 99 gouttes de solvant (eau + alcool) donne la "première Centésimale Hahnemannienne" ou "1 CH".
- En partant d'une goutte de cette 1 CH et en ajoutant 99 gouttes de solvant, on obtient une nouvelle dilution appelée « deuxième Centésimale Hahnemannienne » ou "2 CH" et qui représente une dilution au 1/100e de la 1 CH, soit une dilution au 1/10 000e de la substance de base.
- A partir de la 2 CH, une nouvelle dilution au 1/100e donne la "3 CH" ( soit une dilution au millionième de la substance de base ). On peut ainsi monter, en France, jusqu'à la "30 CH".
En outre, la dilution du médicament n'est pas le seul fait important de sa préparation. On opère également une dynamisation. C'est-à-dire que chaque préparation au 1/100e est secouée avant de servir à la dilution suivante.
Si l'on omet ce temps capital, le produit n'a pas d'activité thérapeutique.
Plus la similitude entre les symptômes du malade et l'expérimentation du médicament à prescrire est étroite, plus le médecin homéopathe choisit une haute dilution de ses médicaments (la moyenne se situant à 9 CH ).
- La globalité : l'homéopathe ne considère pas la maladie ou la lésion, mais le malade dans son ensemble. L'homéopathie est un traitement de l'homme malade et non de la maladie. Un même rhume chez deux malades différents aura certainement deux traitements différents. Il n'y a pas de maladies à caractère universel ni des malades tous identiques - même s'ils sont frappés d'un même mal - mais un malade "global et fortement individualisé".
S'il souffre, c'est que son système immunitaire est globalement défaillant et il convient alors de le stimuler. Le médecin doit sélectionner un traitement parmi plusieurs possibilités ; et en même temps il n'y a qu'un seul traitement valable pour une personne donnée, celui qui couvre l'ensemble des symptômes qu'elle présente. L'homéopathie est donc une médecine synthétique qui étudie l'homme dans sa totalité et qui utilise dans ce but le médicament le plus propre à exalter son mode réactionnel, c'est-à-dire la réaction de l'organisme à la maladie.
Selon les médecins homéopathes, de nombreuses affections peuvent être soignées. Cela va du choc physique en passant par la piqûre d'abeille, les gastroentérites...
Cependant, la réussite dans le choix du remède adéquat réside en une observation pointue et rigoureuse des symptômes et des signes accompagnant le mal. Il faut prendre en compte :
- Le type de douleurs : brûlure, tiraillement, piqûre ...
- Le mode d'apparition du symptôme : brutal, progressif...
- Les circonstances d'apparition : suite de coup de froid, d'exposition à l'humidité...
- Ce qui accompagne le symptôme : troubles digestifs, du sommeil...
- L'horaire des crises.
- Les circonstances d'aggravation ou d'amélioration des symptômes : la chaleur, l'humidité, en plein air, à la pleine lune...
En savoir plus :
L'homéopathie sur Passeportsante.net
La Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) est une médecine empirique basée sur l'expérience pratique et l'observation, éprouvée et améliorée depuis 2000 ans et toujours médecine d'Etat en Chine.
Système complet, c'est une médecine holistique qui cherche à traiter l'être humain dans son ensemble et dans ses relations avec l'environnement et non simplement la maladie ou un organe donné. Elle s'attache à soigner la cause plutôt que l'effet. Son objectif est de rétablir l'équilibre énergétique perturbé pour redonner au corps sa force de résistance.
Si l'énergie du corps est rétablie, le corps éliminera le microbe de lui-même. "Quand les forces sont en harmonie, c'est la santé" ; la MTC privilégie avant tout la prévention ; dans la Chine classique, chacun allait voir régulièrement son médecin pour rester en forme et pour détecter les causes éventuelles d'un mal et de le traiter à la racine.
La MTC comprend cinq branches :
- la diététique,
- la pharmacopée (herbes médicinales),
- le massage Tui Na,
- les exercices énergétiques (Qi Gong et Tai-Chi)
- l'acupuncture.
Cette dernière agit sur le Qi (prononcer tchi) ou énergie qui circule dans le corps par la voie des méridiens. Elle consiste à planter de fines aiguilles à la surface de la peau pour disperser ou tonifier des points d'acupuncture précis, en libérant l'énergie si elle est bloquée ou en la fortifiant si elle est insuffisante. Objectif : régulariser le Qi ainsi que des fonctions physiologiques, organiques et psychiques ciblées. En termes occidentaux, on pourrait dire que cela permet de renforcer les processus d'autorégulation et de guérison qui se mettent normalement en branle lorsque l'organisme subit une agression (causée par un virus, un stress, une blessure, etc.).
Selon la MTC, l'acupuncture permet de traiter une variété de "déséquilibres" liés, entre autres, aux systèmes musculosquelettique (arthrite, tendinite, bursite), respiratoire (bronchite, asthme), gastro-intestinal (calculs, diarrhée, hémorroïdes), nerveux (dépression, stress), dermatologique, circulatoire, endocriniens, etc. Elle contribue aussi à soulager divers maux courants (allergies, rhume, nausées, sinusite) et possède une action antalgique pour traiter la douleur (névralgies, lombalgies, sciatiques, céphalées, cervicalgies). On s'en sert également pour atténuer les effets secondaires des traitements lourds comme la chimiothérapie, ou pour insensibiliser certaines parties du corps lors d'opérations ; mais elle ne saurait guérir certaines maladies graves ni pallier des déficiences génétiques.
En savoir plus :
Un dossier complet sur l'acupuncture
L'Association Française d'Acupuncture
Le site de la CFMTC (Confédération Française de la Médecine Traditionnelle Chinoise)
Dans les cas où ces médecines non conventionnelles sont pratiquées par
des médecins, la Sécurité sociale, et en complément les mutuelles,
remboursent la consultation (par exemple un médecin-ostéopathe, un
médecin-homéopathe, etc. ) selon l'acte réalisé.
Evidemment, les
consultations de praticien qui ne sont pas médecins, ni représentants
d'une profession paramédicale (masseur-kinésithérapeute) ne sont pas
prises en charge.
En revanche, depuis le dispositif légal de 2002 et dans le cadre de
certaines garanties, la Mutuelle de France Sud prend en charge (pour
partie) les frais liés à la consultation d'un praticien non médecin
ostéopathe, chiropracteur ou praticien de médecine chinoise ainsi que
les prescriptions médicales non remboursées par la Sécurité sociale en
phytothérapie, homéopathie, anthroposophie, naturopathie...
(Rappelons
qu'en France, seuls les médecins sont autorisés à prescrire et, sous
certaines conditions, des professions paramédicales).
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