Grippe A/H1N1 : ce qu’il faut savoir
La grippe A/H1N1 est-il plus dangereux qu'une grippe classique ? Le vaccin lui-même est-il plus dangereux que le virus A/H1N1 ? Pourquoi tant de battage médiatique pour un virus dit bénin ? Quel est son risque véritable ? Si les questions fusent, les réponses demandent aujourd'hui quelques précisions.
Alors, avant d’aller compléter vos informations sur la plateforme PSM, vérifiez vos connaissances et déminons ensemble quelques idées reçues...
1- Le virus de la grippe A/H1N1 est plus dangereux que celui d'une grippe classique
Le virus de la grippe A/H1N1 n'est pas plus dangereux que celui d'une grippe classique. Sa transmission serait cependant plus rapide. Au 10 novembre, (cf. les chiffres donnés par l’INVS) les données en métropole font état de 32 décès. Parmi les patients, une grande majorité souffrait de maladies graves.
2- Les symptômes de la grippe A/H1N1 sont très facilement reconnaissables.
Une personne atteinte de la grippe A/H1N1 montre les mêmes symptômes qu'une grippe saisonnière :
- courbatures, fébrilité
- fièvre élevée (supérieure à 38 °C)
- toux ou difficultés respiratoires.
Généralement la grippe s'annonce brutalement et démarre en quelques heures. Elle est accompagnée de manifestations assez violentes durant 2 à 3 jours pour la plupart des cas.
La contagiosité démarre 24 heures avant le début des signes et se prolonge 7 jours après.
3- Après avoir attrapé le virus H1N1, je suis immunisé contre.
Toute personne ayant contracté la grippe A/H1N1 est immunisée contre ce type de grippe pendant une certaine durée. En revanche, les proches ne le sont pas.
4- L’épidémie en France a démarré en septembre 2009.
Selon les bulletins de l’INVS de suivi de la grippe, le seuil épidémiologique aurait été franchi entre le 7 et 13 septembre 2009, pendant lequel l’incidence des consultations pour grippe clinique, estimé par le réseau Sentinelles était en augmentation à 164 cas pour 100 000 habitants et se situait largement au-dessus du seuil épidémique (84 cas pour 100 000 habitants). L’excès hebdomadaire de consultations pour grippe clinique était estimé au 1er novembre à 166 000 consultations, selon le bulletin épidémiologique du 3 novembre.
5- Les femmes enceintes sont les plus vulnérables.
Même si leur état les met dans une vulnérabilité accrue, multiplie le risque par deux ( !) et demande des attentions prioritaires, elles ne semblent pas être la cible première du virus. Selon les chiffres actuels, il semblerait que la maladie affecte principalement des sujets âgés de 5 à 50 ans. L’infection est la plus basse parmi les personnes âgées de 65 ans et plus. Apparemment, elles bénéficient d’une mémoire immunitaire qui les protège. Cependant, si l’on observe les chiffres des personnes hospitalisées pour complications (chiffre de l’INVS au 22 septembre 2009), les personnes âgées, atteintes de la grippe A, sont souvent très vulnérables de par un état général fragilisé par d'autres maladies.
6- Les solutions hydro-alcooliques remplacent le lavage des mains.
Oui. Cependant, le lavage des mains régulier et fréquent est une réelle protection, de même que le masque de protection. Il en existe de deux types : celui pour l’individu malade qui retient ces projections et celui dédiés aux personnes soignantes qui leur évite la contamination. Pour mieux vous protéger, retenez les principales règles d’hygiène :
- se laver les mains avec du savon ou une solution hydro-alcoolique
- mettre un masque
- tousser ou éternuer dans un mouchoir.
7- Le vaccin est disponible depuis le commencement de l’épidémie ?
L’épidémie a débuté en France depuis fin septembre. La mise sur le marché des vaccins a commencé le 12 novembre. Les enfants et les femmes enceintes sont les premiers servis. Suivent les autres groupes à risque, puis la population générale. Une première: le vaccin est gratuit. La mise sur le marché est accompagné d’un plan massif de communication afin d’expliquer pourquoi se vacciner, comment et où.
Par ailleurs, la vaccination se fait en deux temps pour les enfants, une première injection suivie d’une seconde trois semaines plus tard. L’immunité est acquise dans les 15 jours suivant la première injection.
8- Le paracétamol suffit pour se soigner.
Dans un cas simple et standard, le paracétamol associé à des gouttes dans le nez peut suffire. A la moindre complication, il est nécessaire d’appeler son médecin pour agir rapidement.
9- Le vaccin contre la grippe A/H1N1 est recommandé pour tout le monde.
Sur le site du ministère, le vaccin est recommandé en priorité pour certaines catégories de personnes comme les nourrissons de moins d’un an, les femmes enceintes et toutes personnes présentant des pathologies lourdes (cardiopathie, problèmes respiratoires chroniques, mucoviscidoses...). Pour en savoir plus, vous pouvez consulter ce dossier du Haut conseil de la santé publique qui regroupe les recommandations de l’OMS, de l’Europe, des USA, de la Suisse, etc. en termes de vaccination.
10- Il n’existe qu’un seul vaccin.
Quatre types de vaccins seront disponibles en France. Un seul d’entre eux fait appel à une technologie pour laquelle il n’existe pas de recul (vaccin Celvapan réalisé par le laboratoire Baxter qui cultive le virus non pas sur un œuf embryonné mais une cellule de rein de singe)
Par ailleurs, les trois autres vaccins sont produits en suivant le même processus que celui de la grippe saisonnière pour lequel le profil de risque est analysé depuis plusieurs décennies. A noter qu’ils possèdent tous un adjuvant sauf un. Cet adjuvant, le scalène, ne fait l’objet d’études que depuis 2002. Par conséquent, pour les femmes enceintes et les enfants, il est plus opportun de prescrire le vaccin sans adjuvant.
Dernière chose, ce vaccin est spécifique à la grippe A et ne peut remplacer celui de la grippe saisonnière.
N’hésitez pas à consulter nos autres Vrai-Faux !...
Vrai-Faux du 2 janvier 2008
Vrai-Faux du 10 avril 2008
Vrai-Faux du 18 juillet 2008
Vrai-Faux du 07 octobre 2008
Vrai-Faux du 10 avril 2009
Vrai-Faux du 10 mai 2009
Vrai-Faux du 5 janvier 2010
Vrai-Faux du 19 mai 2010